Inde

Les articles ci dessous sont publiés du plus récent au plus ancien.


La magie de Varanasi

Les trains étant complets, nous quittons Agra la ville du Taj Mahal en bus direction Varanasi.

 

Un trajet les doigts dans le nez, puisque nous tombons sur un sleeper, un bus à couchette.

 

Devant arriver à 6h du matin, c'est à midi que nous arrivons. Sous un soleil écrasant, nous traversons la ville en rickshaw, puis nous perdons dans les rues piétonnes, afin de rejoindre notre guest House.

 

Varanasi, c'est aussi la 4ème fois que je viens ici, mais j'aime tellement cette ville que je vous réécris un article dessus, quitte à me répéter. Tout comme Vârânasî l'est, nous allons écrire cet article en trois parties :

 

- La ville bruyante et agitée

-le labyrinthe de ruelles piétonnes (ou presque)

- les bords du Gange.

Les toits de Varanasi vu du haut de la guest house
Les toits de Varanasi vu du haut de la guest house
*La ville : Si vous êtes adepte du calme et de la tranquillité, fuyez !

 

Ici, c'est le vrai bordel indien, au plus fort de lui même. Vacarme des bruits à moteur, coups de Klaxons strident, les cris des marchants mélangés aux cris des motards qui essaient de se frayer un chemin. Dans ce chaos sonore, les petites sonnettes en métal des rickshaw essaient de se faire entendre. La foule de piétons se fraie un chemin au milieu des motos, des tuktuk... Ect.

 

Marcher dans cette ville est une mission, des véhicules vous double de droite et de gauche, des motos vous pilent dessus, de temps en temps, on se prend un coup de guidon, tout ça en faisant attention de ne pas marcher sur une pâte de chien des rues qui dort, ou sur une bouse de vache. Vaches qui elles ne semblent pas affolées par toute cette activité, pour preuve, elles restent assises, immobiles au milieu de la route, malgré qu'à chaque seconde, un véhicule les frôle.

 

Au milieu de tout ça, des policiers inutiles tentent de mettre de l'organisation, sifflant à plein poumons pour tout et pour rien dans leur sifflet, donnant de gros coups de bâton sur les véhicules qui pourtant n'ont rien fait de plus que les autres. D'ailleurs, nous avons assistés à la plus banale des corruptions indienne, des flics racketter un tuktuk.

 

De temps en temps, nous voyons passer des voitures portant sur le toit le cadavre d'une personne.

Et oui, nous y reviendrons plus tard, mais Varansi est la ville des morts.

**Le labyrinthe des ruelles piétonnes:

 

Jonché entre cette ville bruyante et le Gange se trouve ce fameux labyrinthe.

 

Un tout autre univers.

 

Un nombre incroyable de ruelles étroites se croisant les unes les autres, formant un endroit où l'on a très vite de se perdre. D'ailleurs, cela prend plusieurs jours pour apprendre à se repérer. Les bâtiments font plusieurs étages offrant peu de lumière aux ruelles dans lesquelles il fait donc plus frais. Ces quartiers piétons, dans lesquels les motos essaient tout de même de se frayer un chemin, sont de véritables fermes en pleine ville.

 

Vaches, chèvres, buffles, appartiennent à de vrais fermiers mais n'ayant pas de terrain, ils les laissent vagabonder dans leur quartier. Se rajoutent à ces animaux les chiens des rues, dont certains sont dans un piteux état, la mort les surveillant de proche, tout maigre, sans poile avec des coupures de partout et des infections. Si on lève la tête, la liste des animaux s'agrandit avec les perruches vertes, mais surtout les singes qui se déplacent en groupe, sautant de toit en toit, de fil électrique en fil électrique. D'ailleurs c'est tout une histoire avec ces animaux, entre les singes qui tentent de te voler ta nourriture et les vaches qui t'empêchent de passer.

 

Et oui, comme on vous l'a dit les ruelles sont étroites, des fois à peine assez larges pour deux personnes, alors quand il y a une vache en plein milieu qui décide de ne pas bouger d'un millimètre, c'est toute une mission pour passer.

 

Alors on ne vous dit pas lorsqu'il s'agit d'un énorme buffle avec ses cornes enroulées !  

Marcher dans ces vieilles ruelles, c'est comme remonter le temps, on a l'impression parfois d'être au moyen âge.

 

Les murs dont la peinture est passée, sont marqués par la poussière et la saleté. Les sols sont recouverts de leur crachas rouges, de caca d'animaux et de déchets. Mais chaque matin, des ramasseurs de la ville nettoient ça avec de petites raclettes.

 

Se promener dans ces ruelles, c'est tout un voyage pour nos narines qui ne savent plus où donner du nez.

 

Les odeurs s'enchaînent les unes aux autres, parfois se mélangeant passant par l'odeur du lait caillé, à celle de l'encens qui brûle, du Chai qui chauffe, de l'huile qui boue, des bouses de vaches, des fleurs d'offrandes, le feu de bois, le tas de déchet qui péri au soleil, l'odeur forte de la chèvre, mais aussi l'odeur des étables, de l'oignon, des épices, et des vendeurs de parfums. Bref marcher dans les ruelles, ça vous éveille tout vos sens.

 

Dans ces ruelles on croise donc des animaux, des vendeurs ambulants de Chai (thé indien), des femmes qui se rendent au coin de la rue à la pompe à eau, des gamins qui courent pieds nus tirant avec leur pistolet en plastique sur les chiens et les singes. Mais pas que.

 

On croise aussi les fameux cadavres se faisant transporter sur des civières en bambou recouvert de tissus orange et or.

Ce sont les cadavres que nous voyons emmenés sur les véhicules, qui se font emmener au Gange. Criant un chant durant le trajet, on les entend arriver avant même de les voir.

 

C'est impressionnant, on se plaque au mur pour laisser passer le cortège dans ces étroites ruelles.


***Les ghâts de Varanasi :

 

Vient enfin la dernière partie après la ville et les ruelles, les bords du Gange.

 

Cette partie est animée toute la journée, mais au levé et coucher du soleil, la vie indienne est à son maximum.

 

Tous les matins, hommes et femmes viennent prendre leur bain tout en en profitant pour faire leur lessive. Les gamins s'amusent à plonger dans l'eau. Par ci, par là des buffles se rafraîchissent, laissant apparaître seulement le bout de leur tête en dehors de l'eau.

 

Le Gange étant sacré, à longueur de journée les hindous y viennent prier.

L'eau étant sacrée pour les hindous, il y a pas mal de rituels en lien avec cet élément : ils plongent 3 fois la tête sous l'eau, puis prennent de l'eau dans leurs mains ou leur petit bol en métal, et la verse tout doucement en récitant des prières. Durant ces prières, ils déposent aussi des offrandes sur le fleuve. La plupart du temps, des fleurs. Souvent, ils font aussi brûler un encens qu'ils coincent entre deux marches. 

Certains babas récitent leurs prières. Les draps blancs et les saris colorés sèchent au soleil sur le sol poussiéreux.

 

Les nettoyeurs de rue remettent pleins de poussière et cailloux sur les draps propre avec leur grand balais en bois, mais personne ne râle, comme si c'était normal. Certains dorment encore sur leur bateau quand on passe le matin.

 

Il y a des rituels qu’on n’avait jamais vus.

 

Tout au long des ghât, un homme, assis sur une chaise, récite des prières pendant que les hommes assis par terre, suivent la prière en mélangeant des poudres de couleurs vives (jaune, rouge, orange), de l'eau qu'ils déposent par gouttelettes et en faisant des boules de pâtes plus ou moins grosses, sur des assiettes fabriquées avec des feuilles d'arbres qui servent comme repas aux chèvres après les rituels terminés.  



Comme on vous l'a dit Varanasi est la ville des morts.

 

Après avoir traversés parfois la moitié du pays, les corps des décédés hindous arrivent à Varanasi.

 

Ils passent par les fameuses ruelles en labyrinthe sous les cris des porteurs qui les emmènent à un point précis sur les ghâts.

 

Il y a deux places de crémations. L'une plus alimentée que l'autre. Elles se trouvent toutes les deux aux extrémités des ghâts. D'après certains la "plus importante" place des crémations, serait pour les personnes riches qui peuvent offrir plus de bois pour le bûcher du défunt et de meilleure qualité, tandis que l'autre serait pour les pauvres.

 

D'autres disent que la "plus importante" des place serait, pour les décédés de mort naturelle et l'autre pour les accidents ou les suicides.

 

Les corps des sâdhus, femmes enceintes, bébés et ceux mordus par un serpent ne sont pas brûlés, ils sont directement jetés dans

le Gange. Si le corps n'a pas été entièrement brûlé, ils rejettent aussi le reste du corps dans la "Mother Ganga".

 

Ils appellent cette ville "Le feu éternel", car le feu ne s'arrête jamais, il continue nuit et jour.

 

Les femmes n'ont pas le droit d'assister à la cérémonie de crémation, car il ne faut pas de pleurs. Mourir à Varanasi est pour eux un lieu sacré pour leur vie d'hindous. En effet, quand ils viennent brûler leur défunt ici c'est pour stopper la réincarnation de leurs vies. Après ça les morts accèdent au nirvana (la fin du cycle de réincarnation). C'est donc censé être joyeux.

 

C'est étonnant pour nous de voir ça, on assiste aux funérailles de personnes qu'on ne connait pas, on voit les corps fondre sous la chaleur des flammes et les familles des défunts viennent discuter avec nous comme si c'était normal !


Crémation de nuit
Crémation de nuit

Anecdote : Dans la guest House où nous étions, nous étions tellement haut et proches des crémations, que le soir du balcon on pouvait les voir et selon le sens du vent on se prenait même des cendres dans la figures !

 

Anecdote : Un matin on se lève tôt pour aller marcher sur les ghâts. A peine sortis de la guest House un indien vient nous parler.

Il nous demande d'où l'on vient...

 

Enfin les questions bateau qu'on entend tous les jours. On dit Paris pour ne pas s'embêter car quand on dit Orléans ils comprennent Lyon. Il nous demande où à Paris, on lui répond donc Orléans et là surprise, il nous dit qu'il connait. Alors on commence à rigoler car ils ont tous ce discours. Mais il nous assure de connaitre et nous dit:" si si je connais c'est à côté de Tours et Blois".

 

On tombe sur les fesses ! Il nous explique alors qu'il a un ami qui vit sur Checy, c'est drôle cette coïncidence!

Il partira quelques jours plus tard en France pour se marier.

Anecdote : Un matin vers les 7h, alors qu'il fait déjà une chaleur écrasante, on part marcher sur les ghâts.

 

Comme d'habitude il y a beaucoup de choses qui flottent dans le Gange, entre les déchets, les morceaux de bois et les corps d'animaux mort. Mais là ce fût la chose la plus choquante de tout ce qu'on a pu voir en Inde, enfin surtout pour Amandine.

 

C'est bien un corps humain dont il manque la tête qui flotte.

 

Le corps vient se coincer dans un bateau. C'est horrible de voir ça, mais par curiosité on reste regarder tandis que les gens autour continuent leur vie, se lavant à côté du corps et buvant l'eau. Pour eux c'est totalement normal de voir ça, c'est dingue cette

différence de vision qu'on a face à la mort.

 

Au bout de 20 min, le propriétaire du bateau vient décoincer le corps grisâtre à l'aide d'une palme.

 

Le corps reprend son cours dans le courant de l'eau.

Anecdote : Toujours un matin sur les ghâts, nous avons assistés au tournage d'un film indien. Ouais, un Bollywood !

 

On assiste à la transformation des acteurs qui est plutôt pas mal !

 

C'est un énorme bordel sur ces petites ghâts, qui sont d'autant plus petites que l'eau est super haute et en mange la moitié.

C'est rigolo de voir comment un tournage se réalise. Pour 1 scène de 20 secondes, ça prend au moins une heure.

 

En plus, vous connaissez la curiosité indienne, ils sont toujours obligés de se mettre en premier plan pour voir ce qu'il se passe, et comme à leur habitude ils sont en très grand nombre. Le réalisateur hurle dans son microphone pour qu'ils se poussent car ils sont

carrément dans le cadre de la caméra. La commence une mission pour eux. Quand ils ont réussis à virer ceux qui sont sur le côté droit, c'est au tour du côté gauche, mais entre temps le côté droit s'est re-remplie !

 

Je vous le dit il en faut de la patience pour tourner un film en Inde !

Anecdote : Encore une fois sur ces fameuses ghâts, on croise deux petits gamins avec un panier chacun renfermant un cobra.

 

Ils le manipulent comme un jouet. Ils veulent qu'Amandine les prenne en photo. Puis un des deux me demande une cigarette, je lui réponds qu'il est bien trop jeune. Le gamin dit :"ok tu peux me prêter ton briquet?" et là, trop malin le p’tit, il le met dans le panier du cobra, croyant que je n'irais pas le récupérer. Je m'approche pour le prendre, au final le gamin voyant que je n'avais pas peur, prend le serpent et va pour me le mettre dessus. Ok j'abandonne ahah, ils ont gagnés !

 

Ensuite je rentre dans leurs jeux d'enfant. Je demande mon "lighter" et le gamin réclame lui "money", et ça s'en finit par celui qui le

dira le plus de fois, le plus vite ! Au final je finis par le récupérer. Alalala sacrés gamins !


Le Taj Mahal sous tout ses angles ? Pas mal !

A bord de notre vieux bus public nous quittons les montagnes en début de soirée direction Agra. Long trajet !

 

Étant un bus public, il marque plusieurs longues pauses tout au long de la nuit. Heureusement le bus s'est très vite vidé et nous avons pu nous dispatcher chacun sur une banquette pour dormir allongés.

 

Dormir si bien que le copilote dû nous réveiller à l'arrivée, me pinçant le mollet.

Réveil en sursaut, le soleil est entrain de se lever, nous enchaînons en montant dans un tuktuk .   

 Cette fois-ci nous avons fait ça bien, contre nos habitudes, nous avons cherché à l'avance une Guest House pour dormir sur internet.

 

Pas n'importe laquelle, celle avec une superbe vue sur le Taj Mahal.

 

Nous arrivons à destination, nous empressons de monter les sacs et montons sur le toit. Effectivement, en arrivant sur le rooftop la vue est imprenable.

 

Du toit, c'est marrant de voir à quel point le TajMahal est engloutie par la ville. Les maisons viennent jusqu'à se coller aux grands murs de l'enceinte du monument.

 

Étant la 4ème fois que je vous partage la visite du Taj Mahal, je ne vais pas me répéter dans les descriptions.

Même s'il est toujours aussi beau et gracieux, il n'a pas changé, c'est toujours le même !

 

Je vous laisse donc l'admirer sous tous ses angles, via le diapo suivant :

 

Photos prises du toit de l'hôtel, des jardins du Taj Mahal, de la mosquée sur le côté du monument, ainsi que de la rive opposée du fleuve passant derrière le Taj Mahal.  


Dans le calme des montagnes.

  • La maladie ironique pour un voyageur :

 

Nous prenons donc un bus de nuit qui à 3h du matin nous dépose sur le bord de la route, dans le noir complet, au milieu de nulle part. Tout l’équipage du bus est alors transféré 15 minutes plus tard dans un autre bus. Tout le monde sauf Quentin, Amandine et moi, car le bus est complet. Le chauffeur nous dit de ne pas nous inquiéter et d’attendre ici, un autre bus arrivera pour nous.

 

Un peu douteux, nous le laissons partir et attendons. Au final, quinze minutes plus tard, un bus apparaît bel et bien et s’arrête pour nous prendre.

 

Nous arrivons à Manali vers les 7 heures, et prenons un tuk tuk pour le flanc de montagne opposé, pour le petit village de Vashisht.

 

Au total, plus de 13 heures de bus pour arriver dans cette région du nord de l’Inde que nous avons découvert il y a 2 ans avec Amandine.

 

A la base, nous devions passer 2 jours à Vashisht, histoire de se reposer des 13 heures de bus dans ce village calme, tout en profitant des sources d’eau chaude dans le temple du village.

 

Mais au final nous y avons passé plutôt 4 jours ! Pourquoi ?

 

Parce que nous sommes tous les trois malades, en particulier Quentin.

 

La raison ?

La saleté de l’Inde ? L’eau du robinet ? Un plat trop épicé ?

 

Et bien rien de tout ça d’après nous ! On pense savoir ce que c’est, et c’est plutôt ironique !

 

Sachant que Quentin allait nous rejoindre, Waza et moi en manque de nourriture Française (surtout charcuterie et fromage) avions passés une commande de 5 saucissons, 2 camemberts et 1 chèvre à Quentin.

 

Notre premier saucisson nous l’avons mangé durant le trajet de bus. Quel régal ! Rien que l’odeur à travers l’emballage nous donnait l’eau à la bouche. Le gout de la première tranche était magique ! C’est dingue ce qu’on peut être bon pour la bouffe en France !

 

Le premier camembert que nous avons mangé, nous l’avons découpé en fines tranches et avons commandé une pizza à l’hôtel, leur demandant de rajouter le camembert dessus pour qu’il fonde. Je vous laisse imaginer le niveau culinaire pour nous de cette pizza !

La meilleure du voyage ! Si vous auriez vu la tête des serveurs lors de notre demande et encore plus à l’arrivée du camembert que nous leur avons proposé de goûter. Reniflant le fromage, ils n’ont pu retenir un air de dégoût et n’ont pas osé goûter devant nous, mais un d’eux plus tard dans la soirée, nous a dit avoir essayé mais ne pas aimer car c’était bien trop fort.

 

Mais le truc, c’est qu’en 48h d’Inde, la nourriture à subit tellement de chauds intenses et de froid passant d’un frigo à New Delhi, à la température pesante des rues indiennes, puis à la clim du bus, puis encore la chaleur de dehors puis le frigo du nouvel hôtel ainsi de suite ….

 

Donc pour nous trois, c’est le saucisson ou fromage qui ayant tourné, nous a rendu malade ! Le comble du voyageur !

 

Tomber malade à cause de la nourriture ramenée de France ! Ca nous apprendra à vouloir le culinaire Français en Inde, nous avons compris la leçon, la prochaine fois, nous attendrons d’être rentré en France pour se craquer le ventre !

 

Du coup entre deux crampes de ventre, nous sommes allés profiter un peu du village, allant nous reposer dans les bains d’eau chaude, nous promenant sur la montagne, allant nous allonger toute une après midi près de la cascade, toujours aussi belle qu’il y a deux ans. 

Les retrouvailles avec notre pote Quentin, on se raconte nos histoires depuis ces 8 derniers mois !
Les retrouvailles avec notre pote Quentin, on se raconte nos histoires depuis ces 8 derniers mois !
  • Le rallye bus !

 

Mais si nous sommes revenus deux ans plus tard dans la même région, c’est qu’il y a une raison !

 

Les petits villages de montagnes nous avaient charmés, nous revenons ici pour y retourner, et passer un peu de temps dans cette région de l’Inde qui semble être un tout autre pays, plus calme, vivant à un autre rythme que les régions et villes habituelles.

La vie ici est comme mise sur pause. Cela permettra aussi à Quentin de s’habituer petit à petit à l’Inde.

 

Nous quittons donc Vashisht, soulagés d’y laisser par la même occasion nos maux d’estomac. Nous enchainons deux bus direction Kasol, un village plus petit, dans une autre vallée à 5 heures de bus.

 

Le dernier bus à prendre pour y accéder est une vraie expérience à elle toute seule.

 

Un vieux bus, traçant dans les lacets de montagne comme s’il s’agissait pour le chauffeur d’un rallye dont il essaye de battre son record de temps à chacun de ses trajets, tout ça sur une route dont le bord côté ravin s’effrite avec le temps.

Rasant le vide de quelques centimètres, klaxonnant à vous percer les tympans pendant des secondes qui paraissent interminables à chaque virage dont on ne voit pas ce qui arrive en face mais qui pour autant ne fait pas ralentir notre chauffeur.

Frôlant les autres véhicules que nous croisons, les évitant à la dernière seconde par un coup de volant.

 

Lorsque nous croisons un autre bus, nous sommes tellement près de lui que je pourrai faire la bise aux passagers d’en face. 

En plein croisement avec un autre bus, on se rase à seulement quelques centimètres !
En plein croisement avec un autre bus, on se rase à seulement quelques centimètres !

Vous l’avez compris, la conduite du bus est un film, mais l’intérieur aussi.

 

Je ne pourrai pas vous dire combien de passagers nous étions, ni combien de fois le nombre légal de passagers a été multiplié, mais je peux vous assurer qu’on ne voit ça que dans ces pays là. Les banquettes sont saturées, partageant les fauteuils, nous nous retrouvons avec la fesse de monsieur de gauche sur nos cuisses et le coude de madame à droite dans le visage.

 

Les gens s’entassent debout, s’écrasant de plus en plus à chaque fois qu’un nouveau passager monte.

 

Au vu de la conduite du bus, on se dit que les gens debout vont tomber !

Mais au final c’est impossible, on est tellement entassé, tellement appuyés les uns contres les autres, que personne ne peut plus bouger. Le monde se maintient tout seul !

 

A chaque fois que je voyais quelqu’un au bord de la route attendant le passage du bus, je me disais :

 

 « bon ben c’est mort pour lui, ce coup ci on est plein »,

 

pourtant à chaque fois le chauffeur s’arrêtait pour le laisser monter.

 

La porte à du mal à fermer du premier coup mais ça passe à chaque fois ! Il y a toujours une place à créer ! 

Qu'est ce qu'on est serré, au fond de ce vieux bus ! Chantent les indiens, chantent les indiens !
Qu'est ce qu'on est serré, au fond de ce vieux bus ! Chantent les indiens, chantent les indiens !

De temps en temps, quelqu’un sifflait d’un coup sec et fort.

 

Le chauffeur entend immédiatement le signal et pile.

 

Le siffleur essaye tant bien que mal de se frayer un chemin jusqu’à la porte, portant son sac à bout de bras au dessus de la foule, donnant des coups involontaires dans la tête des passagers, écrasant plusieurs pieds, mais personne ne bronche, on comprend que

c’est comme ça tout les jours.

 

A peine descendu, le bus redémarre.

 

Avec le démarrage, la porte se claque d’elle-même, c’est reparti pour un tour de manège !

 

Je suis mort de rire quand j’essaye de voir Quentin, car il est seulement à 3 places de moi sur la banquette du fond, mais il y a tellement de monde et nous sommes si serrés que je ne peux pas l’apercevoir.

 

Trois femmes qui font une descente éclair du bus !
Trois femmes qui font une descente éclair du bus !
  • Kasol et ses petits villages :

 

Kasol est un village tranquille, en pleine vallée. C’est aussi un bon repère où dormir la nuit, car de Kasol en partant le matin, il y a pleins de promenades et villages à faire en une journée. Kasol aura donc été notre repère pour une dizaine de jours.

 

Nous sommes retournés direct en arrivant voir si il y avait de la place dans la super guest house de la dernière fois.

Vous vous en souvenez ? Mais si ! La guest house avec une vue magnifique sur les montagnes aux sommets enneigés, pour seulement quelques euros la nuit !

 

Par chance, la guest house à notre arrivée est vide, la chambre à augmentée en 2 ans, elle coute pourtant que 2€ la nuit.

 

La vue elle n’a pas changée, qu’est ce que c’est bon d’être de retour ici !

 

Du coup, à Kasol tous les jours nous allions marcher quelque part en forêt, le long de la rivière, ou alors on décidait de monter telle ou telle montagne.

 

Je ne vais pas m’attarder sur la description des lieux, car j’avais déjà écrit des articles sur ce coin il y a 2 ans, mais les paysages sont toujours aussi jolis, l’air toujours aussi pure, l’atmosphère aussi calme, les montagnes aussi imposantes, l’eau des rivières aussi fraiche ! 

Maïs qui sèche au pied d'une maison
Maïs qui sèche au pied d'une maison

 Nous sommes aussi retournés au petit village de Pulga, vous vous en souvenez ?

 

Nous avions visité à la fin de notre séjour il y a 2 ans ce petit village, que nous avons adorés et décidés d’y passer une nuit.

Du coup, ce coup ci nous y sommes retournés pour 4/5 nuits.

 

Un minuscule village dans les montagnes, sans routes d’accès, donc aucun véhicule dans le village. Seulement des montes charges dont les câbles chutent depuis le village jusqu’au bas de la vallée.

 

Des maisons surélevées, en pierres et en bois, au toit recouvert d’ardoises. Au balcon de ses maisons, du linge sèche.

Dans la cour, une machine à tisser attend d’être utilisés. Entassés dans le coin, un immense tas de bois sert pour le poêle.

 

Au coin des chemins du village, les femmes utilisent les vieilles pompes à eau pour faire la lessive ou la vaisselle. Les hommes eux s’ont assis ou allongés entre eux près du temple du village.

 

Par ci par là, de belles vaches bien en chair contrairement à leur cousines des rues de Delhi, broutent en compagnie de quelques chèvres.

 

De temps en temps, on croise des caravanes d’ânes, remontant du matériel au village depuis le bas de la vallée. 


Les hommes du village profitant du calme des montagnes
Les hommes du village profitant du calme des montagnes

 Encore une fois, je vous ai raconté tout ça il y a 2 ans, je ne vais pas me répéter… Pulga n’a pas changé, ici on se croirait vraiment sur

une autre planète.

 

Dans notre petite chambre aux murs en torchis pas droits, contenant seulement un lit, avec une bougie pour s’éclairer le soir.

 

En haut du village dans lequel la nuit, seul le bruit de la nature se fait entendre, on se sent alors coupé de tout, coupé de la société qui pendant ce temps là continue de foncer à fond les pédales.

 

On oublie tous les tracas, tous les soucis, toutes les responsabilités de cette société.

 

Personne n’attend rien de nous, et n’attendons rien de personne. On ne doit rien à personne.

 

D’ailleurs ici on ne connaît personne.

 

On se sent léger, serein.

 

Loin de tout, injoignable, on sait que la seule chose que nous avons à faire ici, c’est profiter du moment présent.

 

Rien d’autre. 



Venir en Inde, faut en vouloir !

Après trois semaines passées en compagnie de ma famille au Sri Lanka, nous voici pour la prochaine étape en Inde.

 

Pour venir jusqu’ici depuis Colombo Sri Lanka, belle petite mission que je vous avais raconté sur Facebook, que je remets ici pour ceux qui ne l’ont pas vu.

 

Pour l'anecdote de l'aéroport à Colombo pour partir en Inde, voici l'histoire :


Après avoir passés 4 contrôles différents (Identité et sacs tout confondus), nous nous présentons au guichet d'enregistrement. Après avoir regardés nos passeports, ils demandent la photocopie du visa Indien que nous avons fait en ligne.

 

Il s'avère que ce n'est pas le bon papier que nous avons imprimé. Nous fouillons donc dans la boite mail de nos téléphones.

Problème, le mien est cassé depuis hier, impossible de le recharger, il est en fin de batterie, tout comme celui d'Amandine qui lui ne capte pas bien la wifi ! Après 15 min d'une connexion leeeente, nous trouvons chacun notre fameux document.

 

Mais les problèmes ne sont pas finis, ils commencent seulement !

 

Ils nous demandent alors de leur présenter le billet d'avion prouvant notre sortie d'inde. Evidemment, nous n'en avons pas, nous tentons de leur expliquer que nous ne savons absolument pas où nous allons après ces deux mois d'inde.

Rien à faire, ils veulent ce billet.

Les 34 Kg de souvenirs que nous avons fait rentrer dans ce sac noir (et encore tout n'est pas rentré) et avons laisser à la famille en partant du Sri Lanka ! Qu'est ce qu'on se sent plus léger !
Les 34 Kg de souvenirs que nous avons fait rentrer dans ce sac noir (et encore tout n'est pas rentré) et avons laisser à la famille en partant du Sri Lanka ! Qu'est ce qu'on se sent plus léger !

Nous insistons en leur disant que dans deux mois nous pourrons tout aussi bien être en Chine, au Vietnam, au Cambodge ou même en dehors du continent Asiatique. Ils nous disent pas de soucis mais si par exemple vous allez au Vietnam après l'inde, vous devez nous montrer le billet d'avion Vietnam-France.

 

Bref, impossible de négocier, ils nous disent de tenter d'acheter un billet d'avion partant d'Inde au Sri Lanka et de l'annuler une fois que nous serions en Inde.

 

Nous retournons sur nos téléphones et cherchons un billet. Mais la wifi est trop faible pour charger les sites. Nous leur demandons de nous prêter un de leur ordinateur, mais ils refusent catégoriquement.

 

Ils finissent par nous expliquer qu'en dehors de l'aéroport, il y a une agence de billet d'avion. Depuis tout ce temps, l'heure a bien tournée et commence alors une nouvelle mission.


On fonce pour sortir de l'aéroport, repassant les 4 contrôles dans le sens inverse, valant à chaque passage une explication.

Une fois sortis, nous courrons à l'agence acheter les billets Inde-Sri Lanka. Nous sommes à la bourre, nous pressons la femme au guichet s'occupant plus de son Bollywood sur son téléphone que de nos billets.

 

Nous les avons enfin en main, nous traçons à la case départ. Les files d'attentes des 4 fameux contrôles paraissent interminables. Qu'est-ce qu'on se sent con quand on est en train de louper son avion qui est encore garé sur la piste, et qu'on attend immobile et debout dans une file d'attente ! 

Passeports c'est Ok ! Visa c'est Ok ! Billet de sortie c'est Ok ! C'est bon on a tout ce que l'on nous demandait !

 

Mais non, un responsable se joint à nous et demande de voir la carte bancaire qui a servit pour l'achat des billets.

 

A chaque vol que nous avons fait jusque là, on aurait dit "pas de problème". Mais là, problème ! Il se trouve que quand nous étions en Malaisie, sur les îles sans wifi, nous devions acheter nos billets de sortie du Sri Lanka. Mais sans Wifi, nous avons demandés à mon père de faire l'achat à notre place.

 

Mais du coup, papa n’est pas là ! Et à 1h du matin il dort ! Alors on force les appels, jusqu'à ce que ma petite sœur réponde.

 

" Il faut que papa nous envoie une photo de sa carte bancaire ! ".

 

Heureusement après plusieurs appels car la conversation sautait, ils comprennent et nous envoient la photo sur nos téléphones.

 

Là pour le coup, nous sommes parés, l'avion décolle dans 15min, au final pas le temps de manger, on embarque direct !

 

Bref, il faut en vouloir pour aller en Inde, mais India nous voilà !

 

Anecdote de l'anecdote : Pendant toutes ces péripéties, histoire de rajouter bien du stress, nous avons croisés deux couples de Français. Le premier, nous raconte que ça fait déjà deux vols qu'ils loupent pour problèmes de visa. Dans la même file d'attente que nous ils tentent pour la 3ème fois.

 

Le deuxième, nous voyant stresser vient nous demander si tout comme eux, notre vol a été annulé et qu'il n'y a personne de la compagnie à qui s'adresser. Heureusement il n'était pas question de notre vol.

 

Bref, deux histoires qui ne te rassurent pas quand tu essais de monter dans ton avion et qu'à chaque fois on te demande une nouvelle chose que tu n'as pas. 

 Nous arrivons à New-Delhi vers 10h du matin. Après les clims des aéroports nous prenons notre petite claque habituelle de chaleur en sortant. Nous nous rendons à l’hôtel de rendez-vous avec Quentin un ami de France qui arrive dans la nuit. Pour nous jusqu’à là repos.

 

Il est 2h du matin, Quentin arrive, c’est marrant de le voir en Inde. Le temps des retrouvailles et nous nous recouchons.

 

Le lendemain matin nous allons réserver nos billets de bus pour partir le soir même direction l’Himachal Pradesh.

 

Le problème, c’est que partout dans la rue depuis hier, on entend dire qu’il est impossible d’y aller ! Pourquoi ?

Car la veille des activistes hindouistes ont incendiés des wagons de train sur Delhi et ont chahutés dans le nord de l’Inde en plein sur notre chemin prévu, ayant provoqué une violence policière ayant fait plusieurs morts.

 

La raison de ces mouvements : Un baba condamné pour viol. Nombreux de ses adeptes ont été contre ce procès.

Tout le monde nous dit donc d’aller dans une agence de voyage (des soit disant offices de tourisme gouvernementaux) pour nous renseigner. Comme par hasard ils ont tous la même ! Bref, passons ce petit détail, nous arrivons là-bas, un homme nous reçoit et nous confirme que toutes les routes pour le nord sont fermées et les trains annulés. Il nous propose donc un avion pour survoler la zone, pour arriver encore plus dans le nord, pour redescendre ensuite un peu au sud.

 

On sent à plein nez l'arnaque indienne consistant à te faire croire à des mésaventures qui t'obligent à recourir à leur solutions. Mais on cherche par nous même et trouvons une agence privé qui fait quand même la liaison entre la capitale et les montagnes, c'est parfait !

 

La journée, nous marchons dans les rues de New-Delhi. Ca fait du bien d’être de retour en Inde !

 

On y est direct, tuk-tuk jaune et noir qui klaxonnent, vaches immobiles au milieu du trafic !

 

Delhi est une ville toujours autant agitée, bruyante, un vrai bordel indien !

 

Un rickshaw nous dépose au point de rendez-vous du bus. Au milieu d’une rue qui ne ressemble pas à une rue à arrêt de bus.

 

Shanti-Shanti le bus est arrivé à l’heure direction les montagnes.


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Commentaires : 2
  • #1

    vieuxtramp (jeudi, 05 octobre 2017 22:57)

    Bonsoir Antoine
    petit mot pour te dire bravo pour ta série sur le taj très joli photos et angle de vue
    refais nous d'autres thématique c'est joli
    merci

  • #2

    vieuxtramp (jeudi, 19 octobre 2017 17:33)

    ha Varanasi toujours autant de couleur, de charme... je veux y retourner!!!!!!!