Partir pour mieux revenir.


 

C’est marrant comme l’excitation et les émotions provoquées par une chose ou un évènement dépendent de l’habitude que l’on a face à cette chose.

 

Par exemple en Asie, les Français on se marre pendant des heures à observer les singes faire leur vie dans les villes. On les prend en photos, bref on est sous émerveillement. Alors que le thaïlandais ou l’indien va passer devant eux sans y prêter attention et vont plutôt se marrer à nous voir photographier un singe fouillant une poubelle.

 

Lorsqu’on s’habitue à un milieu, plus rien nous épate ou nous étonne de ce milieu. Tout de devient qu’habitude et routine.

 

C’est comme ça qu’en France par exemple, après des années dans notre quotidien tranquil. Nous nous rendons plus compte des valeurs des choses qu’à la base on aime chez nous.

 

Et oui par exemple on rentre dans notre douche ou bain chaud, dans la chaleur du radiateur de salle de bain comme si c’était normal. Sans profiter particulièrement. Ben c’est une douche quoi. Mais après des mois de toilette à l’eau froide et au pichet, rentrer et s’allonger dans un bain chaud en rentrant est quelque chose de magique ! Mieux qu’un centre aquatique de remise en forme 5 étoiles !

 

Un soir de grosse pluie, Amandine et moi étions bien au chaud dans l’appartement à regarder un film. La pluie tapait sur le toit. Si je n’étais jamais parti, j’aurais continué à regarder le film, râlant du bruit que faisait la pluie sur le toit empêchant d’entendre le film. Mais non, une sensation de chaleur confortable m’empare. Et je me dis, qu’est ce que c’est bon d’avoir un toit étanche comme ça. En Asie, tellement de famille devait jouer du sceau sous les fuites du toit en tôle. Dans ces pays quand il pleut tout est humide. Mais nous non, nous avions la chance d’avoir un temps froid et trempé à l’extérieur mais pouvions être au chaud au sec sans se soucier du climat qu’il fait dehors.

 

Chaque soir, lorsque je me couche je pense à tout ca. Le moment où je me glisse dans mon lit bien moelleux, avec deux gros oreillers dans lesquels ma tête s’enfonce. Je m’étire en frottant mes jambes dans ces draps tout doux, frais. Une bonne odeur de lessive qui rappelle la sérénité de l’enfance. Chaque soir je me dis profite Antoine, c’est tellement doux et confortable. Oui c’est marrant, mais à l’étranger le petit truc qui me manquait c’était mon bon gros lit doux (j’aime bien dormir ;). En voyage à petit budget, on tombe souvent sur le lit tout dur, avec pas ou un tout petit oreiller. Jamais de couettes, quand il fait froid un sac de couchage. Certaines chambres dont on doutait sur le genre de personnes qu’elles accueillaient habituellement, les taches sur les draps le confirmant, on ne s’étirait pas trop trop dans le lit en frottant les jambes contre le drap. Alors chaque soir je profite en me disant "tant que tu as ce bon lit, profites en consciemment, car quand tu seras en voyage sur ton lit dur tu t’en voudras de pas a avoir plus profité du tien quand tu l’avais."

 

Il y a un point sur lequel je suis un bon Français, le saucisson *amen*. Comme beaucoup, à chaque plein alimentaire, le saucisson fait parti des heureux élus à être mit en premier dans le chariot. Chaque soir, l’apéro lui découpe quelques rondelles. Mais savez-vous quel est le meilleur saucisson que j’ai mangé ? Le saucisson que le père de mon ami Quentin avait ramené à l’aéroport venant nous chercher à mon retour de tour du monde, après des mois sans en avoir mangé.

 

Tiens ben les courses. Faire le plein c’est blasant. Pleins de produit partout, de pubs et chiffres partout. Des gens qui font la queue en râlant à la caisse. On ne sait pas quoi prendre, on fait toujours les mêmes repas, on sait plus quoi cuisiner. Bref l’endroit où quand on y est on fait au plus vite pour partir. En rentrant de voyage, une grande surface c'est marrant, on a le choix tout d'un coup, du fromage, de la charcuterie, du laitage, de la salade ! On veut de tout partout, ouvrir tout et regouter tout ! Jusqu’à ce que l’on soit blasé à nouveau.

 

C’est comme nos possessions matérielles, nos objets accumulés au long de notre vie qui décorent notre domicile... Ils sont beaux, on les aime, mais on ne les voit plus. A chaque retour de voyage, c’est un plaisir de refouiller dans ses affaires, de ressortir ce qu’on avait.

 

Pareil avec notre entourage, à se voir tout le temps mais avec le même quotidien, on a vite plus trop rien à se dire, alors on radote. Puis on s’ennuie. A chaque retour de voyage, c’est l’euphorie de retrouver son entourage, de raconter de nouvelles choses, avoir de nouveaux sujets et expérience à  proposer.

 

Pendant le voyage on aura changé, donc chaque expérience Française que l’on avait l’habitude de faire, on le refera mais d’un autre point de vue.

 

En fait quitter, c’est mieux retrouver. Je veux dire qu’en quittant notre quotidien qui est devenu ordinaire, le retour rendra du piquant à ce même quotidien qui lui n’a pas changé. Partir pour mieux revenir si vous voulez.

 

Alors si vous aussi vous vous lassez d’hier, d’aujourd’hui et demain, partez et revenez.

Namasté


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Commentaires : 1
  • #1

    Christelle (jeudi, 15 décembre 2016)

    Très bel article !
    Je suis tout à fait d'accord avec ta vision des choses :)