Les retours, difficile ?


11/11/2018, voici déjà deux mois jour pour jour, que nous sommes rentrés en France.

 

On pense souvent qu’en rentrant d’un long voyage, ce sont les premiers jours, les premières semaines, qui sont le plus difficile du

retour.

Mais finalement non !

 

En tout cas, en ce qui me concerne, les premiers jours sont certes déphasant, mais ils ne sont pas forcément difficiles, je m’explique !

 

Après 20 mois passés à l’étranger, qui plus est, dans des pays souvent très différents de la France, le fait de retrouver notre vie et

culture Française, nos villes et ses architectures, nos villages, notre bonne vieille gastronomie, ça fait plaisir !

 

C’est comme du nouveau à vivre même si nous connaissons déjà tout ça, nous le redécouvrons.

Donc restant dans un délire de découverte et de nouveau, nous restons dans l’esprit du voyage, profitant simplement de tout.

 

En plus de cela, on retrouve nos familles et nos amis.

 

Alors durant ces premiers jours, on revoit beaucoup de monde, avec chacun un tas d’histoires à se raconter.

Rencontres, et nouvelles discussions, nous nous sentons encore une fois, toujours dans l’esprit du voyage !

 

En plus, les premières semaines nous sommes souvent occupés.

Se relancer dans la paperasse, rechercher du travail, et se réinstaller.

Donc le premier mois, malgré qu’il soit étrange, il passe plutôt vite.

 

Notre tête est tellement occupée, qu’elle ne réfléchit pas vraiment au retour.

 

D’ailleurs le premier mois, que ce soit en rentrant de ce tour du monde, comme en rentrant de mon premier tour du monde à 18 ans, je me sens un peu comme un zombie.

Un zombie dans le sens, je suis là, sans être trop là.

 

Je me déplace, je vois du monde, je fais des trucs, je parle, mais comme si mon corps le faisait tout seul, sans que je ne réfléchisse. Comme si je me laissais aller d’un truc à un autre. Ouais voila, je me laisse comme transporter d’une chose à une autre.

 

D’ailleurs le premier mois, je ne sais pas pourquoi, surtout les 15 premiers jours, j’étais impossible de prévoir mes journées.

Impossible de programmer quoi que ce soit, même pour les heures qui suivent. Comme si je voulais faire plein de chose mais à la fois juste ne rien faire.

 

Je ne sais pas comment vous expliquer tout ça, avec des mots, qui plus est sur ordinateur, il m’est difficile de décrire précisément ces ressentis.

Bref, c’est plus le second mois, là où en général on pense que le voyageur se réadapte, que le retour devient difficile.

 

Après une trentaine de jours, on a revu tout le monde, les conversations s’allègent mais se répètent. Les plats qui nous manquaient, nous les avons tous redécouvert chacun leur tour à en avoir mal au ventre.

 

Cela fait 30 jours que nous n’avons pas bougés, le paysage est le même chaque matin, chaque soir. Les chemins empruntés la journée, sont les mêmes que la veille et que demain. Nous savons où nous nous réveillerons demain tout comme après demain, et nous savons où nous nous coucherons le mois prochain. Les jours se ressemblent.

 

Comme à chaque fois que l’Homme se sédentarise quelques part, une routine, minime soit elle, s’installe.

 

Et c’est justement, quand on sent apparaître silencieusement cette routine, que revient bruyamment nos souvenirs de voyage.

 

On réalise alors réellement que nous sommes rentrés.

Quand on part vivre une expérience comme celle-ci, on sait que nous allons vivre des choses incroyables, on sait que nous allons découvrir un autre monde. On sait que tout sera beau à vivre. On sait qu’on apprendra. On sait que ça nous changera. On sait qu’on aura de nouvelles pensées.

 

Mais on n’imagine pas lesquelles, ni à quel point. Et surtout, on ne choisit rien.

 

C’est ça qui est fou !

 

En partant on se dit qu’on choisira à notre retour de voyage, ce que l’on voudra apprendre en choisissant les expériences de notre

voyage à retenir ! Mais non !

 

C’est le voyage qui choisit les expériences pour nous, qui choisit ce qui nous interpellera, ce qui nous marquera.

Nous ne choisissons rien.

 

Le mot n’est pas juste, mais on pourrait presque dire dans un sens que nous « subissons » les expériences du voyage.

 

Un mélange de petites expériences qui à elles seules paraissent simples et anecdotiques, mais qui assemblées les unes aux autres forment une puissante leçon.

 

Une forte leçon de vie, qui restera qu’on le veuille ou non, à jamais dans le coin de notre esprit.

Alors une fois de retour, nous avons deux possibilités, face au train de la routine.

 

Soit embarquer refoulant jour après jour la leçon et ne rien changer, ne pas s’adapter, fermer les yeux, ce qui est pour moi trop dur,trop schizophrène à tenir.

 

Soit embarquer dans le train de la routine, mais travaillant cette leçon, et essayant de t’adapter à ces nouvelles lignes. La faisant passer comme une priorité, dans ton cœur, ta tête, et ta vie de tous les jours. Dans ce cas, le voyage ne s'est pas terminé à l'aéroport, mais il continue, nous suivant dans notre vie.

 

C’est alors, que l’on réalise la puissance de la leçon, la puissance du voyage.

 

C’est alors qu’on comprend que nous ne sommes pas une identité et une personne fixe et stable, mais seulement une accumulation d’expériences, de vécus, dont en ressorts des réactions, des pensées, des habitudes, des actes et des paroles.

 

Toutes personnes n’étant plus qu’une accumulation d’expériences de vies, qui sont toutes aussi nombreuses et variées que nous sommes d’humains sur terre, et non plus un caractère de naissance, il n’y a plus de bonnes ou mauvaises personnes, de gentil de méchant, de stupide ou malin, d’égoïste ni de fou, mais seulement un certaines types d’expériences vécus, parfois bien équilibrées, parfois moins bien.

 

Notre « nous » n’est qu’une pâte à modeler, se remodélisant tout au long de notre vie aux grès des expériences.


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