Les montagnes de l'Inde

  Haridwar - Rishikesh - Vashisht - Malana - Kassol - Pulga - Bagsu

Après avoir visité le Rajasthan avec Mishra, nous retournons sur New Delhi le temps d'une nuit. Le lendemain matin à l'aube, Mishra nous dépose à la gare où nous lui disons au revoir. Première gare et premier train en Inde pour Amandine direction Haridwar. Nous partons pour le Nord, découvrir les montagnes et leur petits villages.


Haridwar et le Gange

Le Gange, c'est la première fois qu'Amandine se retrouve face au Gange. Toujours aussi large, à ce niveau, le Gange est encore propre , la source n'est pas très loin, l'eau est bleue transparente. A chaque ville ou village qu'il traverse, le Gange et ses rives sont les attractions où nous pouvons observer la vie des indiens. C'est le cas à Haridwar, qui est une des villes importantes pour la religion hindouiste. D'ailleurs bon nombre d'indiens venant à Haridwar se bénir et se laver de ses péchés dans le Gange repartent chez eux avec un bidon contenant de l'eau du Gange. De ce fait on trouve un peu partout dans la ville des vendeurs de bidons en plastiques de toutes les tailles possible.

Nous traversons Haridwar le long des deux côtés du Gange. Nous croisons des familles d'indiens qui se promènent, des groupes de femmes qui lavent leur saris colorés, des laveurs d'oreilles qui se promènent avec une petite caisse contenant pinces à épiler et coton, ils vous proposent contre quelques roupies de vous laver les oreilles. Deux faux représentants du Gouvernement nous interpellent et nous demandent de payer une taxe obligatoire pour préserver le Gange, dommage pour eux, nous étions avertis de leur petite technique par le guide du routard ... halala ces indiens qu'est ce qu'ont les aiment avec leur technique ! Tout le long de la rivière, des statues hindouiste déposées en offrande décorent le Gange. La ville est  parsemée de sâdhus et de pied de cannabis ( le cannabis, dans la religion hindouiste est la plante offerte à l'homme par Shiva permettant d'acquérir le troisième œil, la plupart des sâdhus fument le cannabis dans des chilons) d'où la grande statue de Shiva au bout de la ville dressée dans un parc à Shiva.


Promenades à Rishikesh

Waza et moi arrivons à la station de bus d'Haridwar dans le but d'aller à Rishikesh. La même situation qui avait été une galère il y à trois ans. De bons souvenirs en entrant dans cette station de bus, c'est marrant de se retrouver aussi, avec Amandine en plus ! D'ailleurs tout au long du voyage, c'était trop marrant de pouvoir montrer à Amandine les endroits que je lui avait racontés deux ans plus tôt ! Cette fois ci nous tombons directement sur le bus qui s'apprête à partir pour Rishikesh. Dans le bus nous rencontrons Tristan, un jeune Français. Nous arrivons à destination sous une petite pluie, nous nous dépêchons de monter dans un tuktuk. A trois dans le tuk tuk avec nos gros sacs, j'ai la jambe gauche qui dépasse à l'extérieur. Lorsqu'un autre tuk tuk se met à nous doubler, nous rasant comme d'habitude, ça manque pas il me shoot le genou ! Heureusement rien de casser !

Nous retrouvons à Rishikesh Thomas un ami d'enfance qui voyage avec Hiko un allemand. Un bon petit groupe pour passer la semaine dans cette vallée de montagnes boisées. La semaine se constitue de promenades et baignades dans le Gange. Bon je vous avoue que le Gange à ce niveau la, descendant dans montagnes est bien froid, mais heureusement la journée il commence à faire bien chaud.

Pour se rafraichir sous cette chaleur, nous décidons une journée de partir tout les quatre trouver une cascade. Petite promenade le long du Gange, sur la route petit stress avec hiko qui commence à se battre avec un singe qui voulait lui voler de la nourriture. Après avoir bien marché sous la chaleur, nous arrivons par un petit chemin dans la foret à la cascade. Powa le bien fou sous cette eau froide ! La puissance du jet de la cascade masse le dos ! Cadre vraiment parfait pour se rafraichir !

Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais il y a trois ans, quand j'étais venu pour la première fois à Rishikesh, j'avais découvert ce pont pour piétons, passant au dessus du Gange. Pont sur lequel une bande de singe avait décidée d'en faire leur QG, pont sur lequel lorsque vous passiez avec une glace, gateaux, ou boisson à la main, vous vous faisiez racketter par ces singes ! Je voulais vous montrer par la photo ci dessous que cette bande de singe est toujours là, pratiquant toujours ce racket de nourriture ;)

Waza qui adore la moto, je lui avais promis qu'on prendrait un scooter un de ces quatre pour la journée. Hiko lui aussi est partant, Rishikesh est l'endroit parfait, nous décidons de prendre des scooters pour aller en haut d'une montagne. Hiko et Thomas sur un scooter, Waza et moi sur un autre. La première mission est de sortir de la ville et son trafic pour rejoindre la route qui part tranquillement dans la foret. Le truc c'est que depuis mon tour du monde j ai pas conduit de deux roues, mais bon après un demi tour peu assuré devant le magasin qui font rire les locataires ( ce sont bien des indiens, en France j'imagine la tête du mec a qui je loue le scooter en partant comme ça devant lui, il me rappellerai direct pour reprendre le scooter :D ) je rechope vite le coup de main et réussissons sans problème à sortir de la ville.

Toute la journée nous nous baladons sur nos scooters, remontant les longs lacets de la montagne. Un coup c'est ma Waza qui me balade, un coup c'est moi. Je la vois adorer ce moment, avec son grand sourire sur la tronche quand elle conduit. Je l'entend même de derrière chanter hakuna matata. Hiko lui klaxonne et fait coucou à toutes les chèvres, poules, cochons en bord de route. Dès que la vue est belle, nous nous arrêtons sur le bord de la route. Voila, nous étions bien, petite sensation de liberté, nous traversions les petits villages, et arrivions en haut de la montagne en milieu d'après midi.

Après une petite sieste face à la vue, nous rencontrons un baba, qui vit en haut de la montagne depuis trois ans, avec une chambre face à la vallée. Il nous invite à entrer s'asseoir et nous offre le tchaï. Nous discutons un long moment avec baba, il connait beaucoup de choses et voyage dans le monde entier pour des conférences sur l'hindouisme. Il nous apprend des choses sur sa religion et l'Inde, et nous sur la France et l'Allemagne avec hiko. Après avoir discuté, il nous dit que c'est l'heure de faire une séance de méditation. Nous nous asseyons tous dans une petite salle à côté. Baba allume un encens, met de la musique de méditation et commence à nous donner quelques instructions. Après la séance, lorsque je rejoint baba et les autres dans la chambre, il fait nuit. Il fait froid et nous sommes partis sans rien, baba offre à Waza une couette. Nous voila à redescendre la montagne, emballés tout les deux dans la couette, éclairés par les lumières des scooters, il n' y a pas de lampadaires. Arrivée sans problème à Rishikesh après une belle journée.


Je finis l'article sur Rishikesh en vous montrant une petite photo du distributeur de la ville qui fait sourire, représentant bien les scènes en Inde.


Les routes dans les montagnes

 C'est la fin d'après midi, Thomas Waza et moi sommes de nouveau à la station de bus d'Haridwar. Nous attendons un bus pour un trajet de nuit direction Manali, petite ville dans une vallée de l'Himachal Pradesh. En montant dans le bus nous trouvons notre banquette pour deux personnes sur laquelle nous devons tenir à trois. Le problème c'est qu'il y a déjà une mamie sans billet assis sur la banquette avec ces sacs. Après une lutte bien marrante mêlant les passagers qui nous aident, le mari de la mamie têtue qui se cache pour écrire un faux billet de train et le contrôleur qui joue de sa grosse voie, nous nous asseyons sur cette banquette. Le bus est un vieux bus, comme un bus d'école, les banquettes sont durs, nos genoux touchent celle de devant et nos épaules s'écrasent les unes contre les autres comme deux rugbymans dans une Twingo. Une fois le bus prêt, nous sortons de la station de bus, partis pour une longue nuit mémorable !

Durant les premières heures, les femmes du bus chantaient des chants hindis en frappant des mains, comme si elles voulaient empêcher le conducteur de s'endormir. Toute la nuit le bus fonça, comme un grand malade, montant et descendant les montagnes. Par moment le conducteur roulait tellement vite, prenait les virages tellement vite, qu'avec Thomas on hésitait à aller voir le chauffeur et lui dire "tranquille mon gars t'inquiète lève le pied, tout ce qu'on veut c'est arriver, on s'en fou du retard !". Impossible de dormir, la technique n'était peut être pas de regarder la route, le conducteur doublait alors qu'un véhicule arrivait en face, ou ne ralentissait pas alors qu'un véhicule en face n'arrivait pas à finir son dépassement, pour essayer de rire de ces scènes pas drôles sur le coup avec Thomas nous chantions "face contre face" de plus en plus vite à chaque que nous pensions que ce coup ci nous nous prendrions le véhicule d'en face. Au final nous avons souvent chanté ce petit refrain ...

Le lendemain après midi, nous approchons de Manali. Nos genoux sont brulés par le frottement, mal aux épaules, les fesses qui brulent à force d'être assis et de rebondir sur ce fauteuil. Mais après une longue nuit et dure matinée nous arrivons enfin à Manali en Himachal Pradesh ! Ca faisait des mois que j'attendais ce moment arrêtant pas de regarder des articles sur la région sur internet ! Nous voici dans les montagnes indiennes, pour un bon mois à aller de village en village le long de la vallée. Des petits villages entourées de montagnes aux neiges éternelles.



Les montagnes de l'Himachal Pradesh

L'Himachal Pradesh est une très belle région aux imposantes montagnes recouvertes de forêt de pin, aux sommets recouverts de neige éternelle. De nombreuses cascades descendent les montagnes pour plonger dans les rivières qui disparaissent dans la vallée. De belles rivières à l'eau claire, bordées d'énormes rochers polies par l'eau, et de gros galets gris. Des rivières aux courants fort qui grondent.

L'air est pure, il fait la température idéal. De belles journées pour partir se promener. Un jour le but est d'aller à telle ou telle cascade, un autre d'aller dans telle ou telle forêt, ou aller jusqu'à la rivière ... Toute cette verdure ! Ca change du Rajasthan et le désert ! Tout est vert, le sol est riche et ça se voit, l'herbe est magnifique, verte pétante ! Il n'y a aucun bruit de circulation ou de la ville. Seul les grondements des rivières et cascades brisent le silence des montagnes. On se sent loin de tout et proche d'un tout à la fois. Sensation agréable à se balader seul, partir marcher sans horaires ni rien qui nous attend.

Nous avons échangés les dromadaires du Rajasthan contre les yacks. Vous savez ces vaches qui ont de long poils, c'est impressionnant, on dirait vraiment des vaches un peu plus courtes sur pattes, avec des cornes plus imposantes et un énorme manteau de fourrure blanche, avec des poils qui tombent presque par terre. Il n'y a plus beaucoup de singes, nous en croisons par ci par là, avec des poils plus long que ceux qu'on voit d'habitude, surement leur doudoune qu'ils ont encore, c'est la fin de l'hiver. Dans cette région nous sommes surpris de ne pas voir de chiens errants dans les villages etc ... nous avons appris que les villageois empoisonnaient les chiens, énervés d'être dérangés par leurs aboiements à longueur de journée et nuit ... solution radicale !

Il n'y a pas que les dromadaires que nous avons échangés au Rajasthan mais aussi les énormes palais et temples en pierres massives contre de plus petit temples, la plupart du temps presque entièrement en bois. On en trouve dans chaque centre des villages, et parfois dans la fraicheur des forêts aux immenses pins. Autour de ces temples, on trouve parfois des mamies qui viennent  avec un énorme lapin aux poils longs super doux tout blanc. On dirait vraiment une peluche, avec de grandes oreilles ! Pour quelques roupies on peut les prendre dans ses bras et les caresser, marrant.


Les petits villages de montagnes

En retrait de tout, perdu dans un calme paisible, sous un air pur, dans ces villages de montagnes on oublie la vie active. Le rythme de vie est plus shanti shanti. On se croirait dans les comptes pour enfant, où l'on parle de village paisible, cultivant ses terres et prenant soin de ses bêtes. La vie parait paisible ici. Dans les champs des hommes labourent la terre avec des buffles. Derrière le pas lent des buffles, des femmes sèment des graines.

Sur les chemins menant aux villages, nous croisons des ânes transportant des charges trop lourdes pour le papi qui les suit bâton à la main. Des femmes quittent les champs le dos chargé de paille. Ici les gens ont les yeux plus bridés. Un mélange d'Indien et de Népalais. A chaque entrée de village, nous trouvons cette nacelle qui doit être si utile ! Une nacelle qui par des câbles, peut descendre et monter des charges du village jusqu'au pied de la montagne.

De grandes maisons en bois, construites en hauteur. D'immenses poutres en bois parfois sculptées. Un balcon qui fait le tour de la maison sur lequel pend des vêtements, des couettes, de la laine ... Tout ça sous un toit en grandes ardoises. Sous ces maisons, un veau accroché à un pieu regarde les passants à côté d'un ou deux moutons. En plus de mini ferme, le dessous de la maison sert à stocker des outils pour travailler la terre, déposer la réserve de bois et de bouse de vache séchée. Bref vous avez compris, ces maisons dressées face aux montagnes sont magnifiques.

Sur les balcons jouent les enfants sous le regard bienveillant des grands parents au visage ridé, la peau mate, exposée depuis tant d'années par le soleil de montagne., Les mères sont dans les champs, s'occupent des vaches ou font la lessive à l'une des pompes à eau du village. Les hommes eux sont confortablement installés sur la place centrale du village. Un groupe de trois ou quatre hommes sont allongés sur une pierre prenant le soleil dés le matin, un autre groupe de cinq hommes rigolent ensemble discutant assis sur des chaises devant l'épicerie de l'un d'entre eux. Deux autres assis sur les talons fument le chillon. Bref un rythme de vie assez tranquille pour les hommes, c'est notre ressenti en tout cas dans les villages où nous sommes passés.

Comme je le disais précédemment, ici les temples aussi sont en bois, avec de grandes portes massives sculptées elles aussi. Nous sommes passés par des villages qui avaient la chance d'avoir des sources d'eau chaude naturelle. A Vashisht, les bassins d'eau chaude étaient dans le temple. Un bassin pour les hommes, un autre séparé pour les femmes caché des regards. L'eau est vraiment chaude, après quinze minutes d'ailleurs j'avais la tête qui commençait à tourner. Mais le premier quart d'heure est vraiment agréable. En plus la petite touche indienne au bassin est marrant. Les yeux sont rivés sur toi, sourire au coin des lèvres, tout le monde s'amuse à voir le blanc en maillot de bain et viennent nager évidement juste à côté de toi pour te toucher "sans faire exprès" !

Pendant quelques jours nous avons assisté à la fête d'un village. Musique toute la journée, tout les habitants se rejoignaient sur la place du village pour danser ou participer à des jeux. Comme un tir à la corde, qui nous a bien amusé car il opposait d'un côte les femmes, de l'autre les hommes ! Devinez qui à gagné ?! ... Je ne le dirai pas pour le bien de l'égo de l'homme... En tout cas l'ambiance était au rendez vous, grand parents, enfants, tout les supporters étaient dans l'action ! Il y avait même des jeux de paris d'argent pour les enfants encaissés par des adultes ! Une ambiance de kermesse pour adultes !

Les villages ne sont pas bien grands, on à vite fait le tour, mais c'est fou le bien que ça fait de marcher dans ces villages. Je suis tombé amoureux de cette région. Je ne sais pas comment expliquer mais ici la vie parait plus vivante. Même les vaches sont belles ici ! De gros yeux noir, un poil brillant ! La terre comme je disais dans les champs parait toute fraiche, tout à l'air de pousser facilement ! Le bruit est celui de la nature.  Le ciel est d'un bleu pétant et la neige des montagnes d'un blanc pure. Il y règne un climat serein, on se sent bien tout simplement.


Malana nous voila !

"Malanaaa nous voilaaa ! " notre petit chant depuis le début du voyage. Le but ultime de notre venue en Himachal Pradesh, mon petit village que j'attendais depuis des mois. La particularité de se village reculé de tout, est que les habitants croient en leur "sang pure" et ne veulent pas se mélanger aux étrangers  (étrangers comme nous mais aussi comme un indien venant d'une autre région) de ce fait on ne peut pas les toucher ni toucher leur bien. Coutumes particulières comme la légalité de la polygamie.

Thomas, ma Wazanala et moi déposons nos gros sacs dans une boutique qui nous les gardera. Pour aller à Malana il faut prendre un taxi qui emmène au pied de la montagne puis marcher une heure. Problème, il vient d'y avoir un éboulement et la route est bloqué par les rochers, le taxi nous dépose avant l'éboulement, à un ancien chemin plus étroit et de trois heures de marche pour arriver au village.

C'est le début d'après midi, nous marchons tout content sur le sentier plus ou moins visible. Nous traversons une rivière en passant sur un tronc d'arbre, grimpons la montagne en marchant dans la forêt, jusqu'à ce que le doute s'installe. Et oui c'est sure, nous nous sommes trompés de montagnes, lors d'une bifurcation nous avons pris le "sentier" le plus "logique et visible" mais ce n'était pas le bon. Demi tour, on redescend la forêt, repassons la rivière, retrouvons la bifurcation, et grimpons finalement la bonne montagne en suivant le fin tracé du sentier. Une bonne montée de plusieurs heures, nos mollets et poumons font la tronche, nous profitons d'une vue sur une cascade d'une montagne d'en face.

Le soleil commence à se coucher, nous apercevons le village ! Powa ça fait plaisir d'arriver en haut ! Nous arrivons à l'entrée du village, nous sommes étonnés de la quantité de déchets jetés plus bas. Depuis que nous étions dans les montagnes nous avions remarqués que les gens prenaient soin de l'environnement et étions étonnés de trouver très peu de déchets dans la nature. Nous ne perdons pas de temps à traverser le village car ici, il n'y à que deux petites guest house, à l'écart du village, plus haut sur la montagne. Nous traversons le village, passant entre les grandes maisons de bois, aux grand balcons, et les jardins aux clôtures en bois ou murs de pierres.

Nous atteignons la guest house à la tombée de la nuit. La chambre est toute petite toute en bois, elle à un charme, éclairée à la bougie, avec des poutrelles et petits rideaux aux petites fenêtres (même la porte de la chambre est petite, elle doit  m'arriver aux épaules). Bref on se croirait dans un petit chalet c'est marrant. Comme toutes les maisons du village, nous avons un balcon faisant le tour de la maison depuis lequel nous pouvons voir tout le village de haut. Toutes ces massives maisons couleur marron, la moitié à la toiture en ardoise les autres en tôle suite à un feu. Magnifique vue sur ce village aux nuances marron gris, perché face aux montagnes aux sommets enneigés.

Après une nuit bien reposante, le lendemain matin nous descendons se promener dans le village avec comme rappel en tête de ne pas toucher les maisons, les objets ou les gens sous peine de devoir payer une forte amende qui ira au temple du village qui sacrifiera un animal. Au final on ne l'oublie pas puisque les villageois nous le rappellent "ne touche pas les enfants !" "ne touche pas le temple !" "ne passes pas par ici fais le tour". Lorsque nous croisons quelqu'un, la personne s'écarte de manière à ne pas se toucher. Nous avons même vus certaines personnes qui se retenaient même de respirer quand on se croisait.

Pour le petit déjeuner, je cherche une épicerie qui vend des bananes. Nous en trouvons une, je m'approche de la petite boutique quand le vendeur assis devant me dit "ne rentre pas ! regardes de dehors ! Si tu veux quelque chose dis le moi je vais le chercher". Je lui demande 4 bananes, il me les pose par terre. Je prend les bananes et à mon tour, je pose l'argent sur le sol qu'il ramasse, aucun contact physique ! C'est vraiment trop marrant comme procédé de passer par le sol, pareil pour une bouteille d'eau et un paquet de tabac. Je fais exprès de ne pas tout acheter dans la même boutique pour pouvoir faire deux fois le coup de payer le sol etc. ...!

Nous faisons tout le tour du village, arpentant les petits chemins de terre en pente, zigzagant entre les maisons, murets de pierre, tas de bois. Ce que j'aime dans ces petits villages c'est qu'il y a plein de signes de vie, ce que je veux dire c'est qu'on voit que le village est vivant même sans voir de monde. Chez nous rien ne traine, tout est rangé. Ici, on peut voir des habits étendues par ci par là, des graines qui sèchent sur un tissu, des outils de jardinage posés le long des murs, des morceaux de laine au pied d'une vieille machine à tisser, de nombreuses sandales usées au pied des portes ... Bref marcher dans un village comme ça épuise presque les yeux qui fusent de partout, s'arrêtant sur plein d'éléments visuels que nous avons pas l'habitude de voir.

L'après midi approche de sa fin, nous devons redescendre la montagne et rejoindre la route avant que la nuit ne tombe. Ca me fait tout triste de quitter ce village, le cadre était magique. Mais bon d'un côté ce n'est pas le meilleur village pour rester, même si c'est beau et calme, ça manque d'échange avec les locaux. On fait vraiment sa vie de son côté au même endroit c'est dommage même si, c'était à faire ! Nous repartons d'un pas lent ! Ha oui le chemin était les doigts dans le nez, c'était le petit nouveau chemin que je vous parlais, la route en bas a été dégagée des pierres de l'éboulement.

Par contre la route empruntée au retour était effrayante. Des grands lacets de montagnes sur une piste toute déf****** avec d'énormes nids de poules, du sable, des cailloux. Une route étroite, d'un côté la roche brut de la montagne, de l'autre le vide. A quelques centimètres du ravin, pas rassuré nous voyons tout au fond la rivière en tout petit. Honnêtement, de tout mes trajets de tout mes voyages, je pense bien que c'était le trajet qui faisait le plus peur. Comme je disais a Thomas et Waza "Vous aussi vous avez cette sensation d'être tout près de la mort ?". Et à voir leur visage, je n'étais pas le seul. J'essayerai de vous publier une vidéo go pro prise. Mais bon plus de sueur froide que de mal, nous arrivons sans problème !


Fini les montagnes ...

Et oui, tout à une fin. D'ailleurs nous devrions être partis depuis un petit moment, mais chaque jour je demande à Amandine si on peut rester un peu plus en Himachal Praaaadesh. J'adore ce paradis, c'est la première fois que je viens ici, et l'endroit me convient totalement, d'ailleurs je n'aurais peut être jamais du venir ici au final ! Heureusement qu'Amandine est avec moi d'ailleurs, sinon comment j'aurais fais pour partir....? Mais bon il reste 15 jours, et je voulais vraiment montrer Vârânasî à ma p'tite Waza. Donc nous prenons un bus pour aller jeter un œil a Bhagsu petite ville dans la région qui touche la notre, près de Dharamsala, ville du bouddhisme et repère du Dalai Lama.

Mais bon je ne pourrai pas vous en dire beaucoup car le Karma m'a puni d'avoir quitter mon Himachal en me donnant une crève (rhume, fièvre, fatigue) qui me cloue au lit avec en même temps, et c'est là l'ironie du sort un bon vieux coup de soleil. D'habitude je ne prend jamais de coup de soleil, et là un énorme avec en même temps la crève faut le faire quand même surtout qu'il fait pas froid ! Bref je profite de Bhagsu pour me soigner et partir pour l'est en forme.

C'est vraiment marqué par cette région que nous quittons le nord ouest pour le nord est. Bye bye les montagnes, les petits villages, le calme, la nature, la simplicité. C'est dur d'exprimer ses émotions par les mots mais j'espère vraiment  avoir réussi à partager avec vous cet environnement, ce moment de pur bonheur que je me souviendrai toujours. Himachal nous reviendrons !

 

Namaskar

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Commentaires : 1
  • #1

    vieuxtramp (samedi, 12 septembre 2015 13:30)

    ah enfin la suite, très sympa ses montagnes et ses petits villages
    bon va falloir encore patientez pour Varanasi...

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